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En vernis européen et ornementation de bronze ciselé et doré, le plateau de marbre Campan Grand mélange, la façade légèrement bombée ouvrant par deux tiroirs sans traverse à décor de branchages et oiseaux polychrome sur fond noir dans un cartouche entrelacé de feuillages centré d'une coquille asymétrique, reposant sur des pieds cambrés se terminant par des sabots, estampillée deux fois 'I DUBOIS' et 'JME' sur les montants arrière
H. 87,5 cm. (3412 in.) ; L. 98 cm. (3812 in.) ; P. 52 cm. (2014 in.)
Jacques Dubois, ébéniste reçu maître en 1742.
Literature
Bibliographie comparative :
A. Pradère, Les Ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, Paris, 1989, pp. 169-176.
P. Kjellberg, Le Mobilier français du XVIIIe siècle, Paris, 1989, pp. 267-273.
T. Wolvesperges, Les Meubles français en laque au XVIIIe siècle, Paris, 2000, p. 283-291.
A. Forray-Carlier, M. Kopplin, Les Secrets de la laque française, le vernis martin, Paris, 2014, pp. 80-83.
FURTHER DETAILS
A LOUIS XV ORMOLU-MOUNTED EUROPEAN LACQUER COMMODE, BY JACQUES DUBOIS, MID-18TH CENTURY
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Lot Essay

Cette commode estampillée de Jacques Dubois est représentative de sa production. Issu d’une famille de marchands et d’ébénistes du Faubourg Saint-Antoine et demi-frère du marchand-mercier Noël Gérard, Dubois établit son atelier rue de Charenton. S’il est particulièrement réputé pour ses meubles ornés de panneaux de laque d’Extrême-Orient, l’ébéniste recourt également aux vernis européens, comme en témoigne notre exemplaire. Cette pratique s’inscrit dans le contexte de sa collaboration avec l’atelier des célèbres frères Martin. Plusieurs meubles de Jacques Dubois en vernis Martin ont ainsi été présentés lors de l’exposition Les Secrets de la laque française, le vernis Martin au musée des Arts décoratifs en 2014, dont notamment un ensemble composé d’une commode et de deux encoignures provenant de l’ancienne collection du baron Hottinguer (A. Forray-Carlier et M. Kopplin, op. cit., Paris, 2014, nos 32, 34 et 35, pp. 80-83). Dans cette perspective, notre commode couverte d’un vernis européen pourrait elle aussi être le fruit d’une telle collaboration.

L’attention portée par Dubois à la qualité et à l’originalité de ses bronzes est également bien documentée. L’inventaire de son atelier mentionne en effet de nombreuses garnitures en bronze brut de fonte destinées à être ciselées et dorées. Les encadrements et les chutes de bronze de notre commode trouvent des parallèles sur plusieurs meubles de sa production, notamment une commode, datée vers 1750, et un secrétaire en armoire, exécuté vers 1745-1749 (T. Wolvesperges, op. cit., Paris, 2000, pp. 284-286, fig. 151 et 153).

Par son décor et son traitement des bronzes, notre commode se rapproche également d’un modèle conservé au musée Carnavalet (inv. MB450), exécuté vers 1745 et plaqué de laque japonaise à décor de branches d’érable. Cette comparaison met en lumière l’une des caractéristiques les plus remarquables de Jacques Dubois : son souci constant d’intégrer les panneaux de laque ou de vernis dans une composition parfaitement équilibrée, en respectant la cohérence et la lisibilité du décor représenté.

Plusieurs commodes estampillées de Jacques Dubois sont apparues en ventes publiques ces dernières années. L’une d’elles, de proportions comparables, ornée d’un panneau de vernis européen et dotée d’une garniture de bronze très proche sur les montants, a notamment été vendue chez Sotheby's Paris, le 19 novembre 2019, lot 57.

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