RELIURE D'ORFÈVRERIE Paroissien dédié aux dames, contenant l'office des dimanches et fêtes. Paris : (Jules Didot l'ainé pour) Louis Janet, , s.d. [vers 1833].Précieuse et émouvante relique : une superbe reliure d'orfèvrerie, exécutée pour Ferdinand-Philippe d'Orléans, et ensuite offerte par la reine Marie-Amélie à sa petite-fille Françoise, princesse de Joinville . Ce travail, d'une grande finesse, n'est pas signé. En 1995, la notice du catalogue de la vente Tajan, avançait le nom de "François Mellerio (1772-1843), établi rue de la Paix, et orfèvre favori de la reine Marie-Amélie, avec lequel, raconte H. Vever dans son Histoire de la bijouterie au XIXe siècle , elle aimait à s'entretenir en italien". La reine aurait ainsi fait relier ce volume pour l'offrir en présent à son fils, le prince royal Ferdinand, duc d'Orléans. À la disparition tragique de ce dernier lors d'un accident de calèche, en 1842, le volume aurait été rendu à la reine. Une vingtaine d'années plus tard, la reine décida de l'offrir à sa petite fille Françoise, princesse de Joinville, à l'occasion de son mariage avec Robert d'Orléans, fils aîné de Ferdinand. Le long envoi autographe qu'elle lui adresse révèle le contexte nuptial de ce cadeau. C'est à cette occasion que la reine aurait demandé à Edouard Moreau (1825-1878), "peintre de miniatures [...] représentant généralement des sujets historiques" (Bénézit), de réaliser une enluminure dans le goût de celles du XVe siècle et au sujet évocateur entre tous : le mariage de la Vierge. In-12 (140 x 89 mm). 1 vignette de titre, 4 planches hors-texte. Une enluminure monogrammée et signée par Edouard Moreau, dans le goût des enluminures du XVe siècle, a été ajoutée ensuite dans l'exemplaire. Reliure de l'époque : velours bleu roi, plats et dos ornés d'un riche décor métallique doré d'inspiration florale et évoquant le gothique, avec les devises "Foy pour debvoir, ciel pour espoir" (plat supérieur) et "l'honneur a dieu a nous mercy" (plat inférieur), au centre des médaillons représentant le Christ (plat supérieur) et la Vierge à l'Enfant (plat inférieur), médaillons d'émail représentant des croix de Malte, écu aux initiales "FO" couronnées en pied du plat supérieur, médaillons aux quatre Evangélistes sur le dos, fermoirs dorés ajourés à la devise "Vigilate et Ordie" en caractères gothiques, doublure et gardes de soie ivoire, signets de la même soie à l'extrémité desquels pendent des fleurs de lys métalliques (deux restantes sur les 6 d'origine) tranches dorées et ciselées.Provenance : reliure vraisemblablement commandée par la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles (1782-1866) pour son fils aîné Ferdinand-Philippe d'Orléans (1810-1842) -- à la mort de ce dernier, la reine récupère le volume et l'offre ensuite à sa petite fille Françoise d'Orléans (1844-1925). Elle écrit ainsi, sur le premier feuillet blanc, l'envoi suivant : "Ma chère enfant, toute fois que tu ouvriras ce livre, rappelle-toi l'engagement sacré que tu vas prendre, et demande à Dieu les grâces nécessaires pour en bien remplir tous les devoirs et qu'il répande sa sainte bénédiction sur Robert et sur toi. Prie enfin pour ta vieille grand-mère qui t'aime tendrement. M.A. " -- vente Sotheby's, 4 avril 1949, lot n°150 (pas d'attribution de la reliure) -- "Beaux livres dans de riches reliures", Paris, Tajan, 27 mars 1995, lot n°2 (reliure attribuée à François Mellerio).A very striking goldsmith binding adorning a book twice offered by Queen Marie-Amélie of France : first to her son, and second, after the latter's tragic passing, to her grand-daughter, as a wedding gift. When the copy was auctioned in 1995, the catalogue raised the name of François Mellerio, the Queen's favorite goldsmith and jeweler, as a plausible attribution of the work.