Ce tableau majestueux, anciennement considéré comme provenant de la Galerie Espagnole du roi Louis-Philippe (1773-1850), prend comme modèle celui peint vers 1640 par Francesco de Zurbarán (1598-1664), dont il existe trois versions de la main du maître espagnol : une conservée au Museum of Fine Arts à Boston (inv. 38.1617), une au musée de beaux-arts de Lyon (inv. A139), et une au Museu Nacional d'Art de Catalunya à Barcelone (inv. 011528). Le sujet, Saint François d’Assise, n'est pas un portrait imaginé du saint, mais la représentation d’une vision dont aurait été témoin le pape Nicolas V (1397-1455) deux cents ans après la mort du saint. Le pontife aurait vu le corps intact du franciscain se tenant debout dans sa crypte funéraire comme s'il était vivant.
Réputé pour ses œuvres religieuses de grand format, très demandées par les églises et les monastères d'Espagne et du Nouveau Monde, Zurbarán se distingue par ses couleurs sobres et ses compositions rigoureusement simples. Cette austérité, combinée à des détails précis et à un éclairage théâtral puissant, confère à ses figures sacrées une présence intense, presque mystique.
Au XIXe siècle, le tableau se trouvait en Angleterre : Gustav Friedrich Waagen (1794-1868) le voit en 1854 chez George Alexander Hoskins (1802-1863) sans relever de provenance, alors qu'il précise pour le tableau qui le précède qu'il provient de la collection du roi Louis-Philippe (1773-1850). Trois ans plus tard, le tableau figure dans l'exposition Art Treasures of the United Kingdom comme provenant de la Galerie Espagnole de Louis-Philippe. Il n'est cependant pas fait mention de tableaux de ce sujet aux dimensions semblables dans la Notice des tableaux de la Galerie espagnole exposés dans les salles du musée royal au Louvre publiée à Paris en 1838, comme l'a relevé Ludmila Virassamynaïken dans le catalogue d'exposition de 2024 (voir supra). Au début du XXe siècle, ce tableau faisait partie de la collection de Joachim Carvallo (1869-1936), connu pour sa restauration des jardins et du château de Villandry. Une photo montre le présent tableau exposé dans la galerie du célèbre château (fig. 1).
Fig. 1 Château de Villandry. (cartespostales, Geneanet, sous licence CC BY-NC-SA 2.0)
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Le tableau a fait l'objet d'un rentoilage. Elle est maintenue sous tension sur un châssis rapporté, à clés. On constate au revers de la toile une couture verticale s'étendant sur toute la hauteur de la composition à approx. 12 cm du bord gauche.
Les coins supérieurs présentent chacun une marque diagonale s'étendant du bord latéral au bord supérieur. On constate également une marque horizontale au centre de la composition. Celles-ci pourraient correspondre aux marques d'un ancien châssis. Ces marques n'altèrent pas la lecture de l'oeuvre.
A l'oeil nu, le tableau a préserve un belle intensité. On constate deux petits manques dans le coin inférieur gauche et dans la partie inférieure de l'ombre à droite. Ces manques semblent être liés à un précédent accident car le reste de la matière est stable. On constate quelques petites salissures disséminées ponctuellement sur l'ensemble de la composition. Celles-ci n'entravent pas la lecture de l'oeuvre. Le tableau présente un léger réseau de craquelures réparties sur l'ensemble de la composition. Le tableau est sous un vernis assez sec.
L'examen à l'UV révèle des retouches sur l'ensemble de la composition, tout particulièrement dans les zones foncées. Le tableau est sous un vernis non homogène.
English
The canvas has been subject to relining, it is held under correct tension on a keyed stretcher and remains stable. To the reverse of the canvas, a vertical seam can be seen running the full height of the composition, approximately 12 cm from the left edge.
As viewed from the front, the upper corners each show a diagonal mark extending from the side edge to the top edge. A horizontal mark is also visible to the center of the composition. These may correspond to traces left by a former stretcher. These marks do not interfere with the legibility of the work.
In natural light, the painting presents very well, having retained the full intensity of the original composition. Two small losses can be seen—one in the lower left corner and another in the lower part of the shadow on the right. These appear to be the result of an historic accident, as the rest of the paint layer is stable. There is some dirt scattered over the canvas, which would benefit from a light clean. There is a fine network of craquelure across the paint surface. It is covered with a rather dry varnish.
Ultraviolet examination reveals scattered retouching throughout the composition, particularly in the darker areas. The painting is covered with an uneven varnish.